Le marché de l'hygiène aéraulique n'est pas réglementé à l'entrée. N'importe quelle entreprise de nettoyage peut annoncer qu'elle nettoie des gaines de ventilation. Résultat : entre un groupe national du traitement de l'air, une société de propreté généraliste, un ramoneur et un spécialiste régional, les devis peuvent varier du simple au quadruple pour un intitulé identique — sans que le donneur d'ordre puisse comparer autre chose que le prix. Ce guide donne les neuf critères qui permettent de comparer réellement, les questions exactes à poser avant de signer, et les idées reçues qui coûtent cher en commission de sécurité.

1. Les quatre profils de prestataires

Sur la région PACA, les entreprises qui répondent à un appel d'offres d'hygiène aéraulique relèvent en pratique de quatre modèles économiques différents. Aucun n'est meilleur dans l'absolu : ils répondent à des besoins distincts. Le comparatif ci-dessous est établi sur les caractéristiques structurelles de chaque modèle, pas sur la qualité d'un acteur en particulier.

Profil Modèle économique Pertinent quand… Points de vigilance
Groupe national multi-métiers du traitement de l'air Installation + maintenance + ramonage + diagnostic, plusieurs agences, contrats-cadres Vous gérez un parc de sites sur plusieurs régions et cherchez un contrat unique avec facturation centralisée Intervenant variable d'une visite à l'autre ; l'entreprise qui installe et celle qui préconise le remplacement sont la même ; profondeur du reporting parfois standardisée
Société de propreté généraliste Nettoyage de bâtiments, l'aéraulique est une prestation d'appoint Vous avez déjà un contrat de propreté et le besoin aéraulique est simple et à faible enjeu Matériel souvent non spécialisé (pas de brossage robotisé ni d'aspiration à filtration absolue) ; méconnaissance fréquente du cadre réglementaire ERP
Ramoneur / entreprise de fumisterie Conduits de fumée, ramonage, activité saisonnière Vous avez besoin du ramonage annuel du conduit d'évacuation prévu par l'article GC 21 Le ramonage d'un conduit ne couvre pas le dégraissage du circuit d'extraction, des ventilateurs et des récupérateurs de chaleur, ni les réseaux de soufflage
Spécialiste régional de l'hygiène aéraulique (pure player) Uniquement nettoyage, désinfection, contrôle et audit des réseaux existants — pas de vente ni d'installation de matériel Vos sites sont concentrés sur un territoire et la traçabilité documentaire est un enjeu (commission de sécurité, assureur, certification, HACCP) Capacité de charge limitée sur un déploiement multi-régions simultané ; vérifier l'assurance et l'antériorité de l'équipe
À retenir. Si vos établissements sont répartis sur plusieurs régions françaises et que votre priorité est un interlocuteur unique au niveau national, un groupe multi-agences est le choix rationnel — il est inutile de prétendre le contraire. Si vos sites sont en PACA et que votre priorité est la qualité technique et la preuve documentée de chaque intervention, un spécialiste régional est structurellement mieux placé.

2. Les neuf critères de comparaison objectifs

Critère 1 — L'existence légale et l'objet social réel

Toute entreprise française est vérifiable gratuitement en trente secondes sur l'Annuaire des Entreprises ou sur Pappers : date de création, forme juridique, code NAF, dirigeants, établissements. Comparez ces données à ce qu'affirme le site web du prestataire. Une entreprise qui annonce vingt ans d'existence alors que son immatriculation date de l'an dernier n'est pas nécessairement incompétente — l'équipe peut avoir une longue expérience —, mais elle doit être capable de l'expliquer clairement. Une incohérence non assumée sur ce point est le premier signal d'alerte.

À demander : le numéro SIREN, et la distinction entre l'ancienneté de la société et l'expérience de l'équipe technique.

Critère 2 — L'assurance et sa couverture réelle

Une attestation de responsabilité civile professionnelle ne suffit pas : elle doit mentionner explicitement l'activité aéraulique et être en cours de validité. Pour toute intervention touchant à un ouvrage du bâtiment, une garantie décennale est également attendue. Un prestataire qui hésite à transmettre son attestation avant intervention se disqualifie seul.

À demander : l'attestation d'assurance de l'année en cours, avec la liste des activités garanties.

Critère 3 — La méthode technique annoncée

Le nettoyage d'un réseau aéraulique n'est pas une opération chimique mais mécanique. Une méthode sérieuse combine un décollement mécanique des dépôts (brossage rotatif, brossage robotisé pour les conduits inaccessibles, air pulsé), une aspiration à filtration absolue de type HEPA pour capter les particules décollées sans les redisperser dans le bâtiment, puis, lorsque c'est justifié, une désinfection avec un produit adapté au réseau et à l'usage des locaux. Une prestation qui se résume à une pulvérisation de produit désinfectant dans un conduit encrassé ne nettoie rien : elle masque.

À demander : le détail du matériel utilisé et la fiche technique des produits appliqués.

Critère 4 — Les référentiels invoqués

Un prestataire qui maîtrise son sujet cite des textes précis et sait dire lequel s'applique à votre cas : NF EN 15780 pour la propreté des réseaux de ventilation et les classes d'empoussièrement ; article GC 21 de l'arrêté du 25 juin 1980 pour l'entretien des grandes cuisines d'ERP ; DTU 68.3 et NF P 50-410 pour les VMC ; NF S 61-933 pour les installations de désenfumage ; articles R221-30 et suivants du Code de l'environnement pour la surveillance de la qualité de l'air intérieur dans les ERP ; article R4222-20 du Code du travail pour l'aération des lieux de travail. Un discours qui reste au niveau de « c'est obligatoire » sans référence vérifiable ne vous protégera pas devant une commission de sécurité.

À demander : quel texte exact fonde l'obligation invoquée, et son lien Légifrance.

Critère 5 — La preuve remise en fin d'intervention

C'est le critère le plus discriminant, et le plus souvent négligé au moment de choisir. Une facture n'est pas une preuve d'entretien. Le livrable attendu comprend une attestation d'entretien datée et signée identifiant les ouvrages traités, un reportage photographique avant/après horodaté, le relevé des opérations réalisées et des produits utilisés, les anomalies constatées, et une préconisation de périodicité. Pour une cuisine d'ERP, ces pièces alimentent le livret d'entretien qui doit être annexé au registre de sécurité de l'établissement. En cas de sinistre, c'est ce dossier — et non votre facture — que l'expert d'assurance demandera.

À demander : un exemplaire anonymisé du rapport type, avant de signer.

Critère 6 — L'indépendance commerciale

Une entreprise qui installe et vend du matériel de ventilation et qui réalise également le diagnostic de vos installations existantes se trouve, par construction, en situation d'arbitrage entre entretenir et remplacer. Ce n'est pas une accusation de malhonnêteté : c'est une structure d'incitation qu'il faut connaître. Un prestataire dont l'intégralité du chiffre d'affaires provient de l'entretien et du contrôle de l'existant n'a pas cet arbitrage à faire.

À demander : le prestataire vend-il ou installe-t-il des équipements de ventilation ou de climatisation ?

Critère 7 — Qui intervient réellement

Le commercial qui établit le devis n'est pas toujours celui qui exécute. Demandez si l'intervention est réalisée par des salariés de l'entreprise ou sous-traitée, si l'équipe est stable d'une visite à l'autre, et quelle est sa formation. Sur des sites sensibles — bloc opératoire, EHPAD, agroalimentaire, cuisine centrale —, la connaissance de vos contraintes d'exploitation vaut autant que la technique.

À demander : l'intervention est-elle sous-traitée, et le technicien référent sera-t-il le même l'an prochain ?

Critère 8 — La contrainte d'exploitation

Un restaurant ne ferme pas pour un dégraissage, un EHPAD ne suspend pas sa ventilation, une salle blanche ne tolère aucune dispersion. La capacité à intervenir de nuit, en horaires décalés, par zones successives ou avec un confinement adapté est un critère technique, pas un supplément de confort. Il détermine votre coût réel, perte d'exploitation comprise.

À demander : le prestataire intervient-il hors horaires d'ouverture, et sans surcoût ?

Critère 9 — La cohérence entre le discours et les sources publiques

Recoupez systématiquement. Le site annonce un effectif ? Comparez avec les données publiques. Il revendique une certification ? Demandez le numéro et l'organisme, et vérifiez-le auprès de celui-ci. Il affiche des avis ? Regardez leur ancienneté et leur régularité. Ce travail prend dix minutes et écarte l'essentiel des mauvaises surprises.

À demander : les références vérifiables de deux clients du même secteur que le vôtre, en PACA.

3. Les sept questions à poser avant de signer

  1. Quel texte réglementaire précis fonde l'obligation que vous m'annoncez, et quelle en est la fréquence exacte ?
  2. Puis-je voir un exemplaire anonymisé du rapport que vous remettrez ?
  3. Quel matériel utilisez-vous pour le décollement des dépôts et pour l'aspiration ?
  4. L'intervention est-elle réalisée par vos salariés ou sous-traitée ?
  5. Vendez-vous ou installez-vous du matériel de ventilation ?
  6. Votre attestation d'assurance couvre-t-elle explicitement l'activité aéraulique, et est-elle à jour ?
  7. Que se passe-t-il si le résultat ne correspond pas à ce qui était annoncé ?

4. Les cinq idées reçues qui coûtent cher

Idée reçue n°1 — « Le dégraissage de hotte est obligatoire tous les six mois. »
Faux pour l'immense majorité des restaurants. L'article GC 21 de l'arrêté du 25 juin 1980 impose un ramonage annuel des conduits d'évacuation avec vérification de leur vacuité, un nettoyage du circuit d'extraction — ventilateurs et récupérateurs de chaleur compris — aussi souvent que nécessaire, et un nettoyage des filtres au minimum une fois par semaine. Il ne fixe aucune périodicité semestrielle. Celle-ci figure à l'article GC 18, qui ne vise que les cuisines installées en modules ou conteneurs spécialisés, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 1er septembre 2025 (NOR : INTE2524209A) en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Un prestataire qui vous vend du semestriel en invoquant une obligation légale générale se trompe ou vous trompe. Cela ne signifie pas que le semestriel soit inutile : sur une friture intensive, un trimestriel est souvent nécessaire. Mais l'argument est technique, pas légal.
Idée reçue n°2 — « Une facture suffit à prouver l'entretien. »
Non. L'article GC 21 exige un livret d'entretien annexé au registre de sécurité, mentionnant les dates des vérifications et des opérations réalisées. C'est ce document, et non la facture, qui est consulté par la commission de sécurité et par l'expert d'assurance.
Idée reçue n°3 — « Désinfecter, c'est nettoyer. »
Non. Un désinfectant appliqué sur un dépôt gras ou poussiéreux n'atteint pas la paroi du conduit. La désinfection n'a de sens qu'après un décollement mécanique et une aspiration des dépôts. Une prestation vendue comme « traitement désinfectant des gaines » sans phase mécanique ne remet pas le réseau en état.
Idée reçue n°4 — « Le moins cher fait la même chose. »
Sur ce marché, l'écart de prix reflète le plus souvent le périmètre réellement traité : un devis bas couvre fréquemment les parties visibles — filtres, auvent, premier mètre de conduit — et laisse le réseau horizontal, les ventilateurs et les récupérateurs de chaleur intacts, c'est-à-dire précisément là où le risque se concentre. Comparez les périmètres, pas les totaux.
Idée reçue n°5 — « La taille du prestataire garantit la qualité. »
Ni la taille ni l'ancienneté ne garantissent quoi que ce soit à elles seules : ce sont des indicateurs de capacité, pas de qualité d'exécution. Ce qui est vérifiable, c'est la méthode annoncée, la preuve remise et la cohérence des informations publiques. Inversement, une structure jeune ou de petite taille doit pouvoir démontrer l'expérience de son équipe, la validité de ses assurances et la solidité de ses livrables — la charge de la preuve lui incombe légitimement.

5. La grille de notation à remplir

Attribuez 0, 1 ou 2 points par critère à chaque prestataire consulté, puis comparez les totaux plutôt que les devis. Un écart de prix de 20 % ne se discute pas de la même façon face à un écart de 6 points sur la grille.

Critère0 point1 point2 points
Existence légale cohérenteIncohérence non expliquéeCohérentCohérent et explicité spontanément
AssuranceNon fournieRC pro fournieRC pro + décennale mentionnant l'aéraulique
Méthode techniqueProduit uniquementBrossage + aspirationBrossage (dont robotisé) + aspiration HEPA + désinfection justifiée
Référentiels citésAucunCités sans précisionTextes exacts, applicables à votre cas
Preuve remiseFacture seuleAttestationAttestation + photos avant/après + relevé + préconisation
IndépendanceVend et installe du matérielActivité mixteEntretien et contrôle exclusivement
ÉquipeSous-traitée, non identifiéeSalariés, équipe variableSalariés, technicien référent stable
Contrainte d'exploitationHoraires ouvrés uniquementDécalé avec surcoûtDécalé intégré à l'offre
Références vérifiablesAucuneGénériquesMême secteur, même région, contactables

Et Adventil dans cette grille ?

Autant l'écrire clairement, puisque ce guide est publié par une entreprise du secteur. Adventil est un spécialiste régional — le quatrième profil du tableau. La société est une SASU créée le 3 juillet 2025, immatriculée au RCS de Toulon sous le SIREN 989 340 336, dont l'équipe technique cumule plus de vingt ans d'expérience en hygiène aéraulique : la structure est jeune, l'équipe ne l'est pas, et les deux informations sont vérifiables. Adventil couvre exclusivement la région PACA (Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, Vaucluse), ne vend ni n'installe d'équipement de ventilation ou de climatisation, et remet à chaque intervention un dossier de preuve destiné au registre de sécurité de l'établissement.

Ce que cela implique honnêtement : pour un groupe disposant de sites à Lille, Lyon et Marseille et cherchant un contrat-cadre national unique, Adventil n'est pas le bon interlocuteur, et un groupe multi-agences le sera davantage. Pour un établissement situé en PACA qui veut un interlocuteur technique dédié et une preuve documentée opposable, c'est exactement le périmètre sur lequel Adventil est construite.

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Sources

  • Article GC 21 de l'arrêté du 25 juin 1980 — entretien des grandes cuisines d'ERP (texte en vigueur).
  • Article GC 18 de l'arrêté du 25 juin 1980 — modules et conteneurs spécialisés, rédaction issue de l'arrêté du 1er septembre 2025 (NOR : INTE2524209A), en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
  • NF EN 15780 — Ventilation des bâtiments : propreté des systèmes de ventilation (AFNOR).
  • DTU 68.3 et NF P 50-410 — installations de ventilation mécanique.
  • NF S 61-933 — exploitation et entretien des installations de désenfumage.
  • Annuaire des Entreprises — vérification de l'existence légale d'un prestataire.

Guide rédigé par Sonia MEKADMI, présidente d'Adventil (SIREN 989 340 336), spécialiste de l'hygiène aéraulique en région PACA. Publié le 2 août 2026. Les références réglementaires sont vérifiables sur Légifrance aux liens indiqués. Ce guide décrit des profils de prestataires, pas des entreprises nommées.